Engouement populaire pour la conférence de Marc Dufumier

Publié le par Comité de soutien

P1090791Conférence de Marc Dufumier « comment le bio peut nous sauver » !

 

Mercredi 10 octobre la Conférence de Marc Dufumier a tenu toutes ses promesses. L’amphithéâtre de la Bergerie Nationale  était plein, les échanges intéressants. Françoise Vernet, directrice de la Fondation Pierre Rabhi, animatrice des débats, a même du limiter les questions pour ne pas trop allonger cette belle soirée.

Avec son talent de chercheur et de pédagogue Marc Dufumier a méthodiquement démontré comment l’agriculture intensive subventionnée de l’hémisphère Nord rendait aléatoire la réduction de la faim dans le monde, hypothéquant, de fait, l’autonomie et la souveraineté alimentaires des pays du Sud. Un constat étayé et accablant, preuves à l’appui, montrant les ravages orchestrés par les agricultures industrielles adossées au libéralisme moderne et avec l’appui des subventions publiques,  vis-à-vis des populations du Sud et des écosystèmes du monde entier.


P1090756Pourtant des solutions efficaces, économiques et durables sont à portée de
 main, par l’utilisation de pratiques agroécologiques. Contrairement aux agricultures industrielles qui dénaturent les milieux par l’emploi massif de pesticides, d’engrais chimiques et d’OGM, les agricultures agroécologiques composent avec la nature pour s’adapter aux réalités de chaque écosystème, en comprenant et maitrisant les interactions naturelles afin de fournir durablement, aux populations et aux transformateurs, des aliments diversifiés, de haute qualité nutritive, issus d’agricultures productives, rustiques, issus de savoir-faire locaux et écologiquement efficaces.

Côté recherche Marc Dufumier a démontré comment la course à l’argent, à la rentabilité, au profit maximum, inonde le marché semencier de variétés génériques « passe partout »  très productives, à court terme et encore, mais totalement inadaptées à la diversité des réalités écologiques rencontrées dans le monde, handicapant de fait toutes les agricultures peu consommatrices d’intrants chimiques : L’organisation de la dépendance en somme !


P1090771Le « sur-mesure agroécologique» devient pourtant une nécessité vitale pour répondre à la problématique de la faim dans le monde. Il implique de repérer les solutions adaptées pour chaque micro écosystème. Il plaide pour des observations très localisées et le maintien d’une production des variétés « paysannes » sélectionnées pour leur adaptation à chacun de ces écosystèmes. Mais ces solutions d’avenir collectif semblent peu attrayantes pour une recherche conventionnelle dans une quête permanente de grands débouchés, pour assurer sa propre et rapide rentabilité.


La douce révolution agroécologique, en marche, devrait toutefois modifier en profondeur, à plus ou moins long terme, en fonction de la force des engagements  politiques, l’organisation des agricultures, parce qu’il en va de la paix mondiale et de la survie de l’humanité !

Par l’approfondissement des débats, le bienfondé de l’orientation agroécologique défendue par la Bergerie Nationale, dès 1994, s’affirme, de plus en plus, au grand jour. De nombreux travaux de recherche confirment, peu à peu, la capacité de ces agricultures à nourrir 9 milliards d’humains, dans le respect des écosystèmes tout en favorisant l’emploi dans les différents territoires. L’accompagnement des modes de développement productifs, respectueux de l’environnement, voulu par Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire, plaide pour une approche renouvelée des pratiques de production et de recherche, en abordant la complexité des milieux vivants de manière systémique et pluridisciplinaire et en liant étroitement les compétences de terrain avec celles de la recherche et de la formation.

L’orientation agroécologique de la Bergerie Nationale,  l’intérêt collectif de ses savoir-faire et de ses partenariats devraient donc trouver écho auprès des décideurs politiques, nationaux, régionaux et locaux pour faire, enfin, de cet établissement d’exception, une vitrine vivante des évolutions des agricultures du XXIème siècle, au service de l’innovation, de la diversité des activités productives, agricoles et non agricoles, de la prospérité de tous les territoires.

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Un grand merci à Marc Dufumier qui a pris sur son temps pour nous faire partager ses réflexions, ses analyses, ses argumentations, ses connaissances, à Françoise Vernet soucieuse de faire vivre le débat contradictoire au sein de la société civile, à Yann Arthus Bertrand convaincu de la pertinence collective du projet agroécologique de la Bergerie Nationale et à toutes les citoyennes et citoyens qui se sont déplacés en nombre pour échanger et participer à la réflexion d’avenir de la Bergerie Nationale de demain.

Pour tous ceux qui n’auraient pas pu venir, les enseignants, les amoureux de la démocratie et du débat contradictoire, la conférence de Marc Dufumier fera l’objet d’une production vidéo. Le Comité de soutien ne manquera pas de faire circuler son lien dès qu’elle sera prête.

Par ailleurs nous invitons toutes les personnes soucieuses de comprendre les mécanismes à l’œuvre et les enjeux de l’agriculture du XXI ème siècle, de lire l’excellent livre de Marc Dufumier « Famine au Sud, Malbouffe au Nord, Comment le bio peut nous sauver ?»  Il est  simple, bien écrit, très didactique, facile à lire, instructif. A partager sans modération !

Famine au sud, Malbouffe au Nord, comment le bio peut nous sauver - Marc Dufumier - NIL Editions, 2012

 

Cliquez ici pour voir l'abum photos de la conférence : clic !


A noter dans les agendas : prochain débat dans l’amphithéâtre de la Bergerie Nationale avec Marie-Monique Robin, mardi 4 décembre 2012 avec la projection de son film « les moissons du futur ».

Publié dans Compte-rendu entretien

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